Jour 1 du stage de printemps 2026 : un lundi bien rempli
Au camping, le réveil se fait en douceur : une partie du groupe part en courant avec Eliott Salomon. Les autres font le trajet en marchant.
La douce chaleur du levé de soleil accompagne notre trajet jusqu’au réfectoire, qui est baigné d’une magnifique lumière dorée.
Ce matin, les groupes ne vont pas chômer : il faut finir de préparer les bateaux, adapter les réglages aux conditions météo de la matinée et récupérer les ILCA loués.
Le parking est en effervescence, les enfants vont et viennent entre les coques de 49er, tandis que, d’un bout à l’autre de la base, les différents groupes écoutent leur premier briefing.
À dix heures, la flotte francilienne descend la plage pour se mettre à l’eau. Sur le sable, les remorques tracent leurs premiers sillons entre les rochers émergés. Dans le sillage des enfants, les animateurs BAFA effectuent aussi leurs premières manœuvres. La gestion des remorques sur la plage, cela s’apprend, mais savoir que celles des Optimist s’accrochent les unes aux autres est un plus.
Pour tous, la morsure de l’eau est fraîche. Néanmoins, le froid n’arrête pas Julie qui entre dans l’eau avec vigueur pour aider les plus jeunes.
Un bateau après l’autre, la flotte prend le large.
Une matinée avec le groupe Open Skiff
De mon côté, c’est avec Bernard Helo que je commence la semaine.
Pour bien faire, il faut bien commencer :
Le groupe Open Skiff a vu arriver plusieurs nouveaux marins : cette première navigation va permettre à Bernard de faire une évaluation du niveau global.
Le coach opte pour un programme qui reprend les basiques : navigation en file indienne et speed test. Pour compléter le briefing, Bernard s’assure que les consignes sont bien comprises.
Bernard conclu par un rappel du fonctionnement de la marée. En effet, cette dernière remonte : il faut donc que les remorques soient remontées en haut de la plage. Il rappelle également que « la voile est un sport d’improvisation ». Il évoque une anecdote riche de sens : lors d’une régate, il a remplacé un boulon disparu par celui de sa bouteille d’eau, permettant à l’Open Skiff de ne pas abandonner la course.
Tous à l'eau !
Pendant que les enfants récupèrent leurs bateaux, Bernard et moi allons prendre place à bord du zodiac à la flamme rouge.
Après les échauffements de rigueur, Bernard tente de lancer le premier speed test. Les enfants peinent au début à se mettre en ligne et à tenir la formation travers au vent. Tous n’arrivent pas à garder leur trajectoire stable et à réguler leur vitesse pour se maintenir à l’écart du copain qui est devant.
Le niveau du groupe est hétérogène, Bernard doit adapter son exercice. Ainsi, après quelques essais, il décide d’imposer un ordre aux enfants. Augustin est en premier, il sera suivi de Tiphaine, puis d’Eliott et ainsi de suite jusqu’au dernier. Immédiatement, les enfants gagnent en régularité. Tous réussissent à tenir leur allure travers au vent. Au coup de sifflet, tout le monde lof et part au près.
Maintenant, place à la navigation pure et aux conseils et ajustements de Bernard. Le zodiac serpente d’un bateau à l’autre et le coach dispense son savoir. Par exemple : il remarque très vite que Tiphaine est trop à l’arrière. Bernard lui dit de s’avancer dans son bateau et l’effet est instantané : l’embarcation, qui frappait le clapot, avance à présent avec beaucoup plus de fluidité.
Une matinée riche en rebondissements
Ce matin, de nombreux bricolages viennent perturber la séance : nœuds, mousquetons, bordures, il y en a pour tous les goûts. Le programme tombe à l’eau, mais Bernard est content que les Open Skiff restent groupés à chaque nouveau bricolage. Naviguer en sécurité est une notion déjà acquise, c’est une très bonne chose.
Le temps défile, alors Bernard relance l’exercice. Les enfants se placent dans son sillage et déjà, nous constatons que la navigation se passe beaucoup mieux. Au coup de sifflet, le départ au lof est bien exécuté et les enfants partent au près sans difficultés. Bernard profite de cette configuration pour expliquer au groupe l’impact du dévent.
Cette notion est capitale pour ne pas subir les perturbations des voiliers voisins en régate. La prise en compte de ce paramètre oriente la séance vers l’analyse de la vitesse. Savoir régler sa voile, son positionnement dans le bateau et ses réglages dynamiques constitue l’une des clés pour bien avancer. Mais, comme Bernard le dit souvent : « Ici, ce n’est pas comme à l’école, on peut regarder ce que fait le voisin. » La voile est un sport d’observation, savoir repérer ce que le camarade fait de mieux permet de progresser plus vite.
Une pause-déjeuner bien méritée
L’heure du repas pointe le bout de son nez, il est temps de songer à regagner la plage.
La marée est assez haute pour accrocher le zodiac au ponton, une aubaine, tous les coachs s’y amarrent.
Le repas va faire beaucoup de bien à l’ensemble de l’effectif francilien, notamment aux équipages de 420 qui ont passé la matinée à bricoler leurs voiliers. Les doubles demandent parfois un peu plus de travail avant de pouvoir naviguer.
Une météo incertaine pour la suite de la journée
En début d’après-midi, sur la plage, le vent se maintient, mais reste faible, ce qui n’encourage pas les coachs à se précipiter. Tout le monde patiente et quand une légère bise s’établit, tous les groupes se mettent à l’eau.
Un 420 revient rapidement : son puits de dérive est un geyser d’où sortent des litres d’eau, il manque un caoutchouc d’étanchéité. Avec le concours de Benjamin, le chef des opérations sur la base, l’équipage formé par Nossayr et Loane peut repartir rapidement.
Un après-midi avec les plus jeunes
C’est avec Mikael Lavanant et son groupe de jeunes marins que je vais passer l’après-midi.
Ils ont entre sept et neuf ans, tout juste une ou deux années de voile dans les jambes et déjà, ils sont en pleine maîtrise de leur bateau.
La mise à l’eau du groupe se fait en douceur, ils sont accompagnés à chaque étape par Julie qui n’hésite pas à les accompagner le plus loin possible dans l’eau. Partie un peu trop vite, Céleste dérive dans les rochers, mais elle est rattrapée par Nino juste avant qu’elle n’entre en collision avec la roche. Parfaitement sereine, elle n’a peur de rien et je l’attrape pendant que Mikael recule avec le Zodiac.
Après ce départ, un peu mouvementé, Mikael lance sa flottille entre deux bouées, les enfants vont faire des virements de bord et des empannages pour s’échauffer.
Une navigation estivale
Sur l’eau, il fait bon, le soleil brille fort dans un ciel presque sans aucun nuage. La baie de Quiberon nous offre un très beau spectacle. Cette navigation s’annonce agréable.
Sur leurs voiliers, les enfants sont parfaitement à l’aise, alors, Mikael lance la séance, au programme : manœuvres et travail des sensations.
Les passages de bouées sont rocambolesques et le près n’est pas encore acquis, mais les premiers sont sur la bonne voie. Axel en est un bon exemple : parfaitement concentré, son Optimist fend le clapot sans difficulté.
Tout se passe bien, il est temps de changer de route : tout le monde part au près, direction une ligne d’horizon floutée par une légère brume marine. La maîtrise de la navigation pure est au cœur de la démarche, Mikael veut que les enfants se concentrent sur les sensations. Les mètres s’égrènent, et le silence se fait, il n’est rompu que par le vrombissement du moteur et les conseils dispensés par le coach.
Rapidement, il faut abattre pour travailler les sensations au portant. Les allures que sont le largue et le vent arrière sont particulièrement intéressantes, surtout quand il y a un peu de clapot. Surfer les vagues donne une magnifique impression de légèreté.
En revanche, pour corser l’exercice, les enfants vont devoir empanner au son du sifflet. Les premiers obstacles se font sentir. Certaines bômes ont des difficultés à traverser le bateau. Pour aider dans la manœuvre, Mikael encourage les enfants à se lever pour mieux sentir le voilier. Cela a un effet immédiat, notamment pour Timéo et Alix, dont les bômes circulent maintenant avec fluidité. Au fur et à mesure, les empannages sont de mieux en mieux exécutés, même si quelques petites pertes de contrôle persistent.
Epilogue d'une longue navigation
Alors que la séance touche bientôt à sa fin, nous rejoignons les deux autres groupes d’Optimist pour lancer des courses.
La procédure de départ n’est pas simple à suivre pour nos jeunes marins. En effet nous partons sous un régime en trois fois deux minutes, avec deux faux départs. Même si c’est compliqué, nos petits s’accrochent et ne sont pas le moins du monde perturbés par le grand groupe ILCA – 420 très proche.
Après trois répétitions de cet exercice intense, la flottille est fatiguée, les visages sont moins expressifs et quelques bâillements sont à noter. Il est l’heure de prendre la route de la plage, Mikael renvoie le groupe à terre et prévient les BAFA à la VHF.
Le reste de la flotte investit la plage tandis que je descends du zodiac au ponton.
Ceci est un titre
Quand les derniers arrivent sur la plage, il est dix-sept heures. Les premiers sont remontés au rinçage et reviennent donner un coup de main aux autres. Cette année, l’entraide est bien présente dès le premier jour de navigation et elle est la bienvenue.
Sur la plage, au rinçage et dans les vestiaires, les BAFA sont partout et tout se déroule parfaitement bien, à tel point que les délais sont respectés. Les groupes sont tous à l’heure pour les dé-briefings.
Au repas, le réfectoire est animé par une joyeuse ambiance.
Ce soir, une veillée est organisée par les BAFA. Un Time’s Up est mis en place. Très impliqués, tous les enfants participent pleinement, même les plus réservés comme Louison ou Jawed. Dans les équipes, à chaque nouveau point marqué, une effusion de liesse remplit l’espace sonore.
Le jeu se déroule parfaitement bien, Océane organise les échanges de main de maître et les points s’enchaînent rapidement.
À mesure que le temps passe, les yeux se ferment doucement, à vingt-deux heures, tout le monde retourne aux chambres. Firmin, Quentin et moi-même raccompagnons les Open Skiff au camping.
Une première journée bien remplie
Déjà dense, ce lundi est une mise en jambes réussie pour la flotte francilienne et ses encadrants.
Il n’aura fallu que quelques heures de navigation pour voir les premières évolutions apparaître.
Sur la plage, l’entraide entre les groupes est une notion déjà acquise, la semaine commence vraiment bien.
Du côté de l’équipe BAFA, chacun trouve sa place dans l’organisation, notamment Julie, au plus près des enfants, dans l’eau et dans les vestiaires.
Demain, la Bretagne prévoit de nous montrer un aperçu de sa puissance, un clapot formé et un vent d’est soutenu sont attendus dans la baie de Quiberon.
À demain pour la suite de nos aventures en terre bretonne !
Photos et texte Claire C.F.
