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En immersion à Cergy avec l’AS 470

Le club Cergy Voile 95 accueillait mi-juin un stage consacré au dériveur olympique 470 : ce stage était organisé en collaboration avec l’Association de Classe 470.

Tout commence il y a un an, lors de l’acquisition par Wilfrid Deleplace, président du club de voile Cergy Voile 95, de quatre 470 pour son club.

Les adhérents du club sont ravis de l’arrivée de ces nouveaux voiliers performants dont l’histoire olympique est si grande. N’oublions pas, après tout, que Jérémie Mion, trois olympiades sur le support, a fait ses premières armes au CV Cergy.

Aussi, pour permettre à ses adhérents d’en apprendre plus sur le 470, Wilfrid contacte l’association de classe et son président, Bernard Boime.

Voici donc le récit d’un week-end riche en apprentissages et en découvertes.

Découverte du 470 et préparation des bateaux

Dix 470 et 60 ans d'histoire

Sur la plage du club, ce samedi 13 juin, une dizaine de 470 sont réunis. Un Parker rose fuchsia, un Morin bleu ciel et un Roga bleu électrique côtoient des constructions plus récentes.

Pour la petite histoire, ces chantiers ont mis en circulation près de 15 000 unités jusqu’à la fin des années 1970. Le bateau le plus jeune ici est celui de Bernard Boime sorti de chantier en 2012.

Sur le parking, ce week-end, ce ne sont pas moins de 50 ans d’histoire de la voile qui sont présents.

Trois 420 sont également de la partie.

Le 470, un voilier qui demande un certain savoir technique

À l’image de ses cousins 505 et Fireball, le 470 est un dériveur exigeant dont les performances reposent en partie sur la qualité des réglages.

Le samedi matin est donc consacré à la préparation des bateaux avec un point essentiel : la quête. Ce réglage permet d’adapter le comportement du bateau aux conditions de vent. En 470, la mesure de référence est 6,75 mètres pour un vent de 8 à 12 nœuds.

La quête se mesure en tendant un mètre depuis la tête du mât jusqu’au milieu du tableau arrière du bateau. Si la valeur obtenue n’est pas celle recherchée, il faut ajuster la tension du gréement ou modifier le réglage des cadènes.

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Du réglage du 470 à la navigation

Préparation des bateaux et briefing

Ce matin, plusieurs professeurs sont aux commandes : Bernard Boime (FRA 68) est arrivé avec une équipe bien rodée, Hervé Bernad et Alain Belon (FRA 47) du Club nautique d’Ablon et Florence Paulin (FRA 2655) du Club nautique de Choisy-le-Roi sont en renfort, ainsi que moi-même.

Les sujets sont multiples, tous les participants comprennent vite qu’il y a beaucoup de choses à savoir, mais cela ne leur fait pas peur. Bien au contraire, ils ont hâte de pouvoir naviguer et sentir les changements opérés sur leur navire.

Durant le briefing, les visages sont concentrés tandis que Bernard explique le déroulement de la séance. Aujourd’hui, le travail se concentre sur l’utilisation de la carène dans les manœuvres : contre-gîter pour abattre/empanner et gîter pour lofer/virer de bord. Un petit parcours type banane sera mouillé pour que le rythme soit rapide.

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Mise en application

Bernard prend le temps de voir les équipages les uns après les autres. Il corrige surtout le positionnement dans le bateau, notamment les barreurs trop en arrière sur leurs caissons.

En peu de temps, ces rectifications portent leurs fruits : les niveaux sont hétérogènes, mais à force de répétitions, tous réussissent les exercices.

En 420, l’équipage des deux frères a la bonne position dans le bateau et l’utilisation de la carène dans les manœuvres ne demande qu’à être affinée.

3, 2, 1, sortez les spis !

L’après-midi défile et ceux qui sont les plus à l’aise hissent rapidement le spi. La manœuvre représente donc un certain défi : le bord de portant étant court, il faut alors réussir à le hisser, l’établir et l’affaler en un temps record.

À ce jeu, le FRA 47 s’en sort à merveille. En 420, Adame Fouchane et Nossayr Ferjiani sont aussi très bons, démontrant qu’ils méritent bien leur place au championnat du monde en juillet. Le FRA 2668, s’y essaie également, ainsi que les deux frères pour ces deux équipages aussi, c’est une réussite.

Une météo idéale pour naviguer en 470

Aujourd’hui, Éole est bien présent et va permettre à toute la flotte de découvrir la puissance du 470 : quinze nœuds de vent sont attendus sur le plan d’eau de Cergy.

Tour à tour, les équipages vont se retrouver les pieds dans les sangles et les équipiers expérimentés vont sortir au trapèze.

Au jeu de la performance, Hervé et Alain vont faire une belle démonstration des capacités du voilier. En 420, Adame et Noassayr vont aussi faire preuve d’une grande maîtrise.

Rien n’arrête notre flotte, qui prend un grand plaisir à découvrir les joies de la glisse sur ce support olympique dont on ne présente plus les performances.

Un dessalage pour la forme

Parce que le dessalage fait aussi partie de la pratique et de la découverte, à ce jeu, Florence et Laetitia s’en sortent très bien.

Première sortie en 470 : Laetitia est une quasi-débutante en voile et découvre la glisse, la performance et le trapèze. Équipière de Florence, elle fait preuve d’un apprentissage rapide du métier. Les virements de bord s’enchaînent parfaitement bien, jusqu’à ce qu’une rafale plus forte les surprenne. Le foc reste au taquet, Florence enjambe le liston pendant que Laetitia se retrouve dans l’eau.

Perchée sur la dérive, Florence ne peut rien faire tellement les algues sont denses. Avec un coup de main de Bernard sur la sécu, le mât remonte petit à petit. Pas effrayée du tout, Laetitia se hisse à bord comme si elle avait fait ça toute sa vie.

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Tutos à terre

Après la navigation, le débriefing s’allie à un apéritif convivial : c’est le moment idéal pour partager son ressenti sur la journée.

Cet instant est également parfait pour explorer une notion supplémentaire, la sortie au trapèze. Alors, Bernard Boime exécute une démonstration sur son propre bateau. Accroché au câble, il prend appui sur le liston et pousse sur ses jambes pour montrer la technique à réaliser : le mouvement commence et finit avec la jambe arrière, car c’est elle qui permet de se stabiliser.

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Dimanche, un deuxième jour plus tranquille

Dimanche, la navigation du matin est sous le signe de l’apprentissage du maniement du spi. À terre, Florence Paulin et moi-même faisons une démonstration de notre façon d’effectuer les manœuvres associées au spi.

Parfaitement coordonnées, nous hissons et faisons porter le spi si vite que l’assemblée n’a pas le temps de voir ce qu’il se passe. Nous recommençons plus lentement pour que tout le monde puisse bien voir comment se déroule la manœuvre.

Utiliser le spi n’est pas facile et il est important de prendre le temps, à terre, de comprendre son fonctionnement, pour qu’une fois sur l’eau, tout se déroule le mieux possible.

Mise en application

Au jeu de la mise en pratique sur l’eau, tous les équipages ne s’en sortent pas avec la même dextérité. Bernard prend donc le temps d’accompagner ceux qui en ont besoin.

Sur le Morin bleu, le spi blanc et orange porte rapidement. L’équipage applique les conseils et la communication fonctionne bien. L’empannage est encore un peu chaotique, mais toutes les étapes sont maîtrisées par le duo.

Improvisation de régate, sans comité de course

Pour clôturer le week-end, Bernard a prévu de faire quelques courses, pour que chacun puisse se confronter aux autres.

Le petit problème, c’est qu’il n’y a pas de comité de course, donc la solution est de lancer des départs au lièvre, comme le font les 505.

Pour ce faire, un bateau doit enrouler une bouée sur bâbord et tracer une ligne imaginaire sur cette même amure : c’est ce tracé qui fait office de ligne de départ. Les autres concurrents doivent alors tous passer en tribord amure derrière le voilier bâbord. Le lièvre ne peut virer de bord que si toute la flotte a coupé la ligne.

Pour l’occasion, le lièvre, ce sera le FRA 68, Bernard et moi-même.

Le parcours est très simple, il y a une bouée au vent et une bouée sous le vent, qui est aussi celle du départ. Il n’y a qu’un seul tour à effectuer.

Une problématique reste tout de même à résoudre : comment noter l’ordre des arrivées ? La réponse n’a pas tardé à être trouvée, le premier équipage à finir le parcours devra s’acquitter de la tâche.

Au jeu du plus rapide, le FRA 47 est imbattable et ne fait qu’une bouchée de la concurrence. C’est donc cet équipage qui notera les arrivées.

Aujourd’hui, le vent est plus faible et plus instable, il faut donc bien anticiper et régler ses voiles et son placement en conséquence. À cela s’ajoute le maniement du spi : le bord de portant représente encore un défi pour certain équipage. Mais au bout de la troisième course, tous les spis sont hissés et affalés avant le passage de la bouée sous le vent.

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Fin de week-end et débriefing

Après deux journées de navigation intense, tous ont énormément progressé.

Les réglages qui pouvaient sembler abstraits au début prennent désormais tout leur sens. Tous les équipages communiquent plus efficacement à bord et chacun aborde les manœuvres et l’utilisation du spi avec plus de sérénité.

Durant tout le week-end, l’ambiance a été des plus conviviale : les discussions alternent entre échanges d’expériences et anecdotes de navigation en tout genre.

Les membres du club nous ont fait découvrir leur plan d’eau et leur façon de vivre la voile chaque semaine sur ce site unique de l’Ouest parisien.

Court, mais intense, ce stage s’achève sur un bilan très positif. Le club comme l’AS 470 espèrent voir certains stagiaires poursuivre l’aventure et rejoindre les rangs des régatiers.

Et nous continuerons de suivre les aventures des nouveaux 47tistes cergypontains.

 

Texte et photos Claire C.F.

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