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Rendez-vous sur la plage de l’aérodrome

Le Stage de Printemps 2026, jour 4 : un jeudi bien rempli !

Mercredi, jeudi… Nous perdons un peu le fil sur ce Stage de Printemps 2026.

Ce matin, les esprits ont des difficultés à sortir du sommeil. Au camping, il faut motiver un peu les enfants pour faire le trajet à pied.

En arrivant sur la base, c’est un calme impressionnant qui règne. Le silence n’est perturbé que par la brise matinale dans les arbres. Au réfectoire, les discussions sont rares et ne percent pas la chape de plomb du silence qui nous entoure.

Une matinée en douceur pour les Franciliens

Ce matin, le rythme est ralenti à tous les niveaux : toute l’équipe est en retard sur le planning. Dans les vestiaires, les combinaisons sont toujours humides et le sel laisse quelques traces blanches. Sur le parking, les enfants marchent à vitesse réduite. Le train de voiliers témoigne de la place que prend la fatigue dans les corps et les esprits. C’est maintenant que la présence de nos animateurs est fondamentale. Ils redoublent d’efforts pour accompagner la troupe francilienne à toutes les étapes. De plus, aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres sur le Stage de Printemps 2026.

En effet, la tradition veut qu’un midi dans la semaine, nous allions bivouaquer sur la plage de l’aérodrome. Il s’agit d’un moment de partage et de convivialité très fort, où marins, coachs et animateurs se retrouvent pour profiter tous ensemble.

Stage de Printemps 2026

Navigation au long cours

Aujourd’hui, j’embarque à nouveau avec Léo, pour pouvoir mieux observer les 420 en action. La séance commence avec un échauffement efficace : les jeunes doivent tourner entre une bouée et le zodiac qui continue d’avancer à faible vitesse. Avec cet exercice, les jeunes doivent se concentrer pour bien anticiper leur trajectoire. De plus, ils doivent aussi s’assurer qu’ils ne touchent pas le zodiac, au risque de devoir effectuer une pénalité. Les jeunes s’ajoutent au fur et à mesure, ce qui augmente la difficulté, car il faut aussi anticiper la trajectoire des autres.

Côté météo, le vent a considérablement baissé. Néanmoins, il reste assez puissant pour que les jeunes soient au rappel ou au trapèze. Chez les 420, Adam et Marco montrent qu’ils ont gagné en confiance. Au bout de son câble, Adam découvre enfin les sensations qu’apporte le fait d’être au trapèze. Bien que la position demande à être ajustée, la joie se lit sur les visages des deux amis. Depuis le zodiac, nous constatons les progrès effectués ces derniers jours. Maintenant, il leur faut apprendre à travailler avec l’écoute de grand-voile et apprendre à communiquer, et le bateau avancera bientôt comme une fusée.

Léo poursuit l’échauffement en faisant remonter le groupe au vent, où il applique à nouveau l’exercice vu plus tôt. Le groupe redescend sous le vent pour venir récupérer Tanguy qui revient avec le deuxième 420.

Stage de Printemps 2026

Succession de départs au lièvre

Tanguy et Léo mettent en place des départs au lièvre. Pour ceux qui ne connaîtraient pas : la flotte se positionne bâbord amure, prête à partir au près, tandis qu’un voilier reste en retrait. Ce dernier va devoir enrouler une marque et partir au près, tribord amure. Le tracé virtuel inscrit dans l’eau par ce voilier va servir de ligne de départ au reste de la flotte. Par la suite, la flotte va devoir couper cette ligne en passant le plus près possible du voilier tribord amure. Enfin, ce dernier ne pourra virer de bord qu’une fois que tous les autres seront passés derrière lui.

C’est avec ce type de départs successifs que toute la flotte va doucement remonter au vent et se rapprocher de la plage.

Désignés au fur et à mesure, les lièvres du jour seront : Théopol, Valentin, Raphaël et Claire.

En tête de la flotte, Tanguy ouvre le trajet. Derrière, Léo fait un peu « bateau-balai » et veille sur les 420 à la traîne, tout en donnant de précieux conseils aux derniers. Noé et Claire ont beaucoup progressé, les positions au rappel s’améliorent à vue d’œil, nous sentons que cette semaine de stage porte ses fruits.

Le grand art d'occuper le temps

La matinée déroule son fil tandis que le soleil poursuit son ascension dans le ciel breton.

Quand la flotte arrive au vent de Port-Haliguen, Léo échange sa place avec Tanguy et oblique la route pour passer presque travers au vent. Les ILCA suivent la course et gagnent rapidement en vitesse.

Depuis le zodiac, je remarque que la bouche de Théopol bouge, comme s’il parlait tout seul. Finalement, parfaitement à l’aise sur son bateau, il chante. Léo lui tend le micro : nous avons alors le droit à une reprise « yaourtesque », très personnelle, de « Barbie Girl » du groupe Aqua.

Le temps passe et voilà que midi sonne à la porte. Sur l’eau, tous les groupes sont arrivés et tout le monde commence à avoir faim. À la VHF nous parviennent des nouvelles de la terre : le pique-nique sera en retard.

Pour passer le temps, Tanguy et Léo lancent un nouvel exercice. Pendant que Tanguy mouille une bouée sous le vent, Léo met en place une ligne de départ à quelques mètres au vent de la bouée. Les coachs veulent, ici, observer comment les enfants se débrouillent pour passer une bouée sous le vent en flotte. Évidemment, c’est un gros capharnaüm et beaucoup de fautes sont commises. Le passage de la marque sous le vent groupé est toujours un moment délicat qu’il est nécessaire de travailler, autant sur l’eau qu’en salle de classe. En effet, les règles de priorité changent un peu et bien les connaître peut vous sortir d’un mauvais pas.

Stage de Printemps 2026

L'art délicat de se mettre au mouillage

Quand vient l’heure de toucher terre, trois Brestent au mouillage. Le premier est Valentin : prêt rapidement, il s’accroche très facilement à la bouée et attend le suivant. Ce sera Théopol : réactif, il prend sa place dans la file d’attente avec aisance. C’est pour Raphaël que les choses se corsent.

Rapidement, Raphaël défait son écoute de grand-voile. Néanmoins, quelque peu impatient, l’adolescent n’attend pas que son camarade soit prêt à recevoir le cordage et le rate. Théopol le lui fait remarquer et Raphaël tente un deuxième lancer infructueux. Tombée, en partie dans l’eau, le jeune homme la récupère et la renvoie sans attendre. Un peu trop prompt dans sa démarche, il ne prend pas le temps de s’assurer que son cordage est prêt à être envoyé. Le bout tombe mollement entre les deux voiliers et coule inexorablement vers les profondeurs de la plage. Dans la précipitation, Raphaël n’a pas accroché le cordage à son bateau. Dépité, il tire une tête de six pieds de long, tandis que Théopol prépare consciencieusement son écoute pour l’envoyer à son ami.

Après son repas, Léo fera un aller-retour express jusqu’à la base de l’I2N, pour récupérer deux écoutes d’ILCA. Nous ne sommes jamais trop prévoyants.

Stage de Printemps 2026

Un pique-nique très "fantomatique"

La distribution des paniers-repas se fait en équipe. Les animateurs et moi-même gérons la distribution : Océane aux fruits, Yojer aux sandwichs, Timothée aux boissons et moi aux chips. Julie se charge de désigner les groupes un par un.

Sur la plage, ce n’est pas la chaleur qui nous étouffe : au loin, le ciel se charge de nuages très denses. En quelques minutes, le paysage se dilue dans une brume qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Le décor s’opacifie à une vitesse impressionnante tandis que l’air ambiant se rafraichit considérablement. Au mouillage, un premier bateau de croisière disparaît complètement. Rapidement, les contours des ILCA aussi se font plus flous, puis la perche cardinale aussi se fait happer par le nuage.

En quelques minutes, la visibilité dans la baie est devenue absolument inexistante. La plage est plongée dans un brouillard fantomatique et étrange qui tranche profondément avec les conditions météo que nous avons rencontrées jusque-là durant la semaine. Ce Stage de Printemps 2026 nous réserve vraiment de nombreuses surprises.

Stage de Printemps 2026

Un temps de pause rallongé

Il est évident que repartir dans ces conditions est impossible, alors tout le monde prend son mal en patience. D’un côté de la plage, Julie fait des dessins dans le sable avec Timéo, Alix et Noé, tandis que, de l’autre côté, un 420 bricole son bateau couché sur le flanc. l’équipage crée l’attraction parmi les ILCA.

Du côté des coachs, les discussions sont nombreuses et tournent principalement autour de la fin de cette semaine de stage.

Avec la marée qui remonte, le brouillard se dissipe doucement, révélant bientôt un très beau soleil et un vent idéal pour repartir. La flotte commence alors à reprendre la route de la mer. Pousser les zodiacs, porter les ILCA, tirer un 420. Repartir est sportif, d’autant que les retardataires sont menacés de rester sur place.

Néanmoins, en quelques minutes, la flotte francilienne a repris la mer, il ne reste plus que Romain, Océane, Yojer et moi sur place. Après avoir vérifié que nous n’avons laissé aucune trace de notre passage sur place, nous prenons la route pour faire les courses pour la soirée de ce soir.

Stage de Printemps 2026

Éole prend des vacances

Retour à terre compliqué

Le retour sur la base est rapide et j’espère pouvoir profiter de quelques heures de calme pour pouvoir avancer sur les résumés.

Pas de chance, une demi-heure à peine s’écoule avant que l’un des 420 n’arrive sur la plage, tracté par Tanguy. Les animateurs ont, eux aussi, pris du repos et je suis la seule à voir les jeunes revenir.

J’espère que Tanguy a pu passer un message par VHF pour que nous ayons un peu d’aide.

Le 420 est rempli d’eau, c’est une véritable piscine. Le temps que j’arrive, Nossayr et Loane ont posé leur bateau sur le sable, pour que ce dernier commence à se vider.

Heureusement, la marée est haute et nous avons peu de chemin à parcourir, mais impossible de soulever le bateau. Même en attendant que l’habitacle se vide, le bateau reste trop lourd.

Dans notre malchance, nous avons de la chance. En effet, l’équipe australienne de 49erFX n’est pas loin. Je prends mon meilleur anglais et vais leur demander de l’aide.

Contre toute attente, même avec trois paires de bras supplémentaires, remonter la cale est une épreuve.

Quand le voilier arrive sur la zone de rinçage, nous pouvons constater d’où vient le problème : de l’eau, en quantité phénoménale, s’échappe par les trappes des caissons. Nossayr et Loane vont aussi devoir rincer l’intérieur de leur bateau.

Ventilateur en grève

Après deux journées ventées, il fallait bien s’attendre à ce qu’Éole ferme le ventilateur. Depuis la zone de rinçage, je vois les Optimist faire des exercices de dessalage dans une mer devenue huileuse et miroitante.

Il est encore tôt quand les groupes arrivent au compte-gouttes et en douceur sur le sable. Les animateurs sont aussi de retour et je profite de ce temps pour retourner travailler sur les résumés en retard.

Le temps défile vite et le dîner approche rapidement. Le repas est calme et tandis que les enfants terminent leurs assiettes, les animateurs commencent à préparer la soirée.

Chaque année, cette fête est à la fois un moment de célébration, mais aussi une manière de profiter une dernière fois tous ensemble. En effet, demain soir, les premiers seront déjà rentrés en Île-de-France.

En avant la musique !

Cette année, la soirée aura lieu dans une salle de classe, moins intimiste mais plus grande que la salle de repos à côté du réfectoire.

Au programme, beaucoup de musique et des jeux. Ce soir, tout l’effectif est présent et l’ambiance excellente. Entre deux danses, certains regardent les images postées sur la plate-forme « On donne des nouvelles ». Scotché à son téléphone, Raphaël scrute les clichés de chaque jour, tandis que Théopol suit comme il peut au-dessus de l’épaule de son camarade.

Les jeux s’enchaînent, entrecoupant les musiques aussi variées que les générations qui se massent dans la pièce. Les assiettes sont garnies de bonbons et de chips en tout genre et se vident à une allure effrénée, comme si les enfants n’avaient rien mangé au repas. Au « bar », c’est la valse des boissons. Timothée et Océane officient comme barman et barmaid.

Comme chaque année, cette fête est une réussite, même si quelques groupes se forment ici et là au gré des affinités.

À vingt-deux heures, Valentin et Claire, les plus vieux du groupe camping, ont envie de rentrer. Étant la seule adulte du camping sur place, je les ramène. Sur la route, Firmin et Quentin font le trajet en sens inverse pour venir récupérer les Open Skiff.

Même à cette heure tardive, la promenade est agréable et en quelques minutes nous sommes rentrés.

Une fois tous les enfants revenus, l’extinction des feux ne se fait pas attendre et tout le monde s’en va retrouver son lit et les bras de Morphée.

Demain matin va être chargé, car il faut libérer les lits des enfants qui partent.

En attendant demain, bonne nuit à tous !

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