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L’entraînement hivernal, une institution pour les franciliens

Naviguer l'hiver, c'est un peu particulier. Il y a ceux que rien n'arrête et ceux qui regardent les premiers comme des hurluberlus. Dans les deux cas, ce sont toujours les personnes ayant une bonne résistance au froid que l'on croise dans les clubs, sur l'eau ou dans les hangars, pour un entraînement toujours un peu frais.

L'hiver, une période charnière pour les sportifs

Le courant en mer, comme sur les fleuves et rivières, c'est une évidence. En revanche, si le vent ne permet pas de le contrecarrer, sortir son voilier peut être dangereux. Les structures franciliennes connaissent bien le problème. Avec le temps et les facéties du fleuve, les clubs de rivière ont noué des liens avec les clubs qui naviguent sur les lacs. Même sur le bras mort de la Seine, l'ASM Voile est un témoin de la puissance du fleuve. Ainsi, chaque hiver, le club délocalise son activité sur le lac de Moisson-Lavacourt, pour quelques entraînements. Ce lien entre la base de loisirs et le club permet aux adhérents de l'ASM de profiter d'un plan d'eau fermé et sécurisé, tout en étant sûrs de pouvoir naviguer. En effet, le lac est praticable par toutes les orientations de vent, seule sa puissance et le niveau de chacun restent les facteurs déterminants pour la navigation.

Pourquoi naviguer l'hiver fait progresser ?

Des conditions météorologiques exigeantes

Pour la majorité des sports d'extérieur, l'hiver est un terrain de jeu exigeant. Le froid et la pluie vont généralement de pair avec le soleil qui se couche tôt. Souvent fluctuant et imprévisible, le vent impose sa loi et les navigateurs doivent savoir rebondir rapidement pour organiser leur séance. De plus, il faut aussi apprendre à être efficace dans la préparation du bateau pour passer le plus de temps possible à bord.
Sans faire de généralité, c'est de notoriété publique qu'il y a traditionnellement plus de vent l'hiver que l'été. Cette période est donc idéale pour expérimenter des conditions rarement rencontrées le reste de l'année. Ajouté à cela le froid, ces sorties sur l'eau demandent un fort engagement de la part des marins. Cela permet à tous les pratiquants d'emmagasiner de l'endurance pour la saison des régates.

Une structure théorique essentielle pour la compétition

S'il n'y a pas de coupure, il n'y a pas de perte de connaissances, souvent amélioré, le savoir est aussi approfondi. En effet, les entraînements de l'ASM intègrent aussi des cours théoriques. Ces derniers sont indispensables pour reprendre les bases et approfondir certaines notions. Les cours permettent aussi de faire un tour de table pour connaître le niveau de chacun des participants. "Théorie" est un petit mot qui veut dire beaucoup de choses : nous allons surtout nous concentrer sur certaines notions qu'ont vues les adhérents de l'ASM durant l'hiver.

Navigation

Border sa voile pour avancer, la choquer pour ralentir, dans la pratique, c'est évident, mais dans la réalité pas forcément : une voile trop bordée peut étouffer le vent et donc ralentir le voilier. C'est subtil et cela prend tout son sens dans le petit temps, ou bien réguler son réglage de grand-voile peut faire la différence pour garder une bonne vitesse. La maîtrise du réglage de l'écoute fera une différence en régate. C'est là que la présence d'un coach entre en jeu. Le cours théorique à terre est complété par des corrections faites sur l'eau durant la navigation. Les pratiquants peuvent mettre en pratique tout de suite et sentir l'effet de ces conseils sur leur voilier.

Règles de Course à la Voile

Les RCV sont complexes mais primordiales pour la navigation, et pas seulement en régate. Ici, tout comme les adhérents de l'ASM, nous allons nous focaliser sur la procédure de départ. Cette dernière n'est pas toujours bien connue et cela peut créer des confusions une fois sur l'eau.
Alors, voici un petit rappel : la procédure commence avec un pavillon orange hissé en haut du mât du bateau du Comité de Course, il fait l'objet d'un signal sonore. Les 5 minutes commencent avec l'envoi du pavillon de classe (série sur laquelle la régate se court) + un signal sonore. Une minute plus tard arrive le pavillon préparatoire (P, Z, I U, Noir) + un signal sonore, ce sont les 4 minutes. Deux minutes plus tard, à une minute de la fin de la procédure, le pavillon préparatoire est affalé + un long signal sonore. Une minute plus tard, le top départ signale la fin de la procédure et donc le départ de la course, le pavillon de classe est affalé avec un signal sonore.
Bien connaître la chronologie de la procédure de départ est primordial pour être au bon endroit au bon moment. On a tendance à dire qu'en compétition, le départ fait presque toute la course, sur nos petits plans d'eau c'est bien souvent le cas : prendre un bon départ est essentiel.

Naviguer sur un lac, un avantage majeur pour la pratique sportive

La navigation sur un lac permet d'avoir plus de place pour travailler des exercices bien précis : l'apprentissage de certaines manœuvres est facilité car l'équipage ne risque pas de partir à la dérive si la manœuvre ne fonctionne pas du premier coup. De plus, les lacs permettent généralement de naviguer par toutes les orientations de vent, ce qui permet de pouvoir toujours être sur l'eau et donc de progresser plus vite. Souvent plus larges, les lacs permettent aussi d'expérimenter la surpuissance sans avoir à virer de bord trop régulièrement. Avoir de la place permet aux équipages de travailler leur réglage et d'avoir le temps d'en sentir les effets avant de devoir changer de direction.

Retour sur les entraînements de l'ASM

Janvier, une reprise en douceur

Le dimanche 18 janvier, ce ne sont pas moins de 13 bateaux, manœuvrés par 30 personnes, qui étaient mis à l'eau sur le lac de Moisson-Lavacourt. Pour que la navigation soit la plus longue possible, les bateaux ont été grutés la veille. Au programme de ce week-end de reprise : une météo douce, presque printanière, et un grand soleil pour réchauffer les corps et les cœurs. Parfois un peu faible, le vent laisse tout le loisir aux pratiquants de reprendre leurs marques en douceur.
Aux commandes de l'entraînement, il y a Régis Saintier, permanent de l'Île de Loisirs des Boucles de la Seine. Le coach a prévu une séance complète : exercices théoriques à terre et techniques sur l'eau et des petites courses pour mettre en situation les apprentissages du jour. L'équilibre du bateau et les déplacements à bord sont les têtes d'affiche de cette journée. Se mouvoir sur son voilier sans casser son inertie est primordial pour être performant en régate, notamment dans le petit temps.
À la pause déjeuner, entre deux bouchées de galette, un petit rappel des procédures se glisse entre la frangipane et la fève. Le dessert est accompagné de son cours théorique global. Régis est multitâche et à l’affût du moindre moment d'attention disponible. Enfin, l'après-midi se déroule toujours sous un beau soleil et par un vent qui a repris du poil de la bête, idéal pour voir si la théorie prend forme une fois mise en pratique. Quatre courses seront lancées pour conclure la navigation.

Février, des conditions engagées

Le deuxième entraînement a lieu le 15 février. Cette fois, 9 équipages sont présents, pour environ 20 personnes. La séance est toujours assurée par Régis, ce dernier fait un rappel des RCV et de la pavillonnerie des procédures de départ. Sur l'eau, seuls les voiliers pouvant prendre un ris quittent le ponton. Cette fois, le vent est bel et bien présent et il souffle fort, la pluie et le froid ajoutent une note très hivernale à la séance.
Ces conditions météo demandent plus de résilience aux équipages. Et, pour garder ses marins au chaud, Régis met en place des exercices de départ. Pendant les procédures, il faut savoir être au four et au moulin, regarder devant, derrière, au vent et sous le vent. Surveiller les chasseurs pour ne pas devenir le chassé. L'anticipation est primordiale pour être au bon moment et au bon endroit sur la ligne au top départ. Ces exercices sont donc parfaits pour ne pas trop ressentir le froid et rester en mouvement. Tout cela est accentué par le vent qui demande encore plus de vigilance. La séance sera également ponctuée par des exercices orientés sur les sensations du bateau.
Enfin, la séance se termine par quelques courses voraces en énergie après tout le temps déjà passé sur l'eau et par un vent qui a gagné en puissance.

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Mars, une montée en puissance

Le troisième entraînement se glisse dans celui de la flotte de 2.4mR. Le soleil brille à nouveau et le vent est plus calme, ce n'est pas encore le printemps, mais c'est pour bientôt. Cette agréable météo permet de mettre en pratique tous les enseignements des semaines passées. C'est idéal pour préparer la saison qui va bientôt s'ouvrir.
Le 15 mars a lieu le quatrième entraînement de la flotte de l'ASM à Moisson-Lavacourt. Une journée avec beaucoup de vent et de soleil, soit la recette d'un rendez-vous dominical des plus beaux. Cette fois, quelques élèves de l'école de voile vont se joindre aux équipages formés, permettant d'avoir 8 bateaux sur l'eau.
Les cours théoriques ne s'arrêtent pas et Régis mène toujours son entraînement de main de maître. Tout le monde a bien progressé, les équipages ont maintenant une bonne connaissance du plan d'eau et sont prêts à entrer en compétition pour la Lutecia Cup.

La Lutecia Cup, ouverture de la saison

Le rendez-vous est déjà pris pour la Lutecia Cup, à Pâques, prologue de la saison pour les habitables franciliens. La régate est organisée par l'ASM Voile sur le lac de Moisson-Lavacourt. Début avril, il arrive que la Seine soit encore capricieuse, délocaliser la régate est l'assurance de pouvoir lancer des courses. En effet, cette première régate du circuit Osiris fait venir beaucoup de monde et le club souhaite s'assurer que la régate puisse se dérouler dans les meilleures conditions possibles.Par conséquent, les entraînements sur place donneront une belle avance à tous ceux qui auront été assidus aux cours dispensés par Régis. Arriver sur une régate en ayant une bonne connaissance du plan d'eau, de ses couloirs de vent et de l'évolution potentielle de ce dernier est un bel avantage dans une flotte groupée, comme c'est souvent le cas chez nos habitables.

Claire C.F.
Photos Nathalie Benhatta Gruhn - ASM Voile


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