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Stage de printemps 2025, pique-nique sous les tropiques

Jour 4_Jeudi 24 avril

Le début de la fin ?

Alors que les derniers chapitres de cette aventure bretonne s’écrivent, il souffle sur la base un vent d’aventure. C’est enfin le jour du Raid, une institution pour nos jeunes Franciliens, ainsi que pour toute l’équipe. Nous allons longer la côte vers le sud, passer Port Haliguen et l’ASNQ, le club de voile de Quiberon. Derrière ce dernier se cache la plage de l’aérodrome, notre point de ralliement. Mais avant cela, c’est un peu la course sur le parking de l’ENV. Le rendez-vous est fixé à douze heures, il faut donc être sur l’eau le plus tôt possible. Sur la plage, nos quatre jeunes mousquetaires ne manquent pas d’enthousiasme.

Les mousquetaires, ils étaient trois ou quatre ?

Aujourd’hui, j’embarque avec nos quatre jeunes mousquetaires : Axel, Timéo, Alix et Gabin. La fine équipe est en forme. Timéo suit Medhi comme son ombre pour faire le point et vérifier les bateaux. Sur la plage, Medhi explique la séance et la direction à prendre en dessinant une rose des vents dans le sable. Pendant que les petits se mettent à l’eau, Vincent et moi attendons l’arrivée de Luc pour être transférés sur le Zodiac bleu. Marée basse oblige, il nous faut prendre l’escalier presque jusqu’en bas et la marche est grande pour se transférer dans le bateau de Luc. Enfin, Medhi embarque à même la plage après avoir aidé les enfants à partir. Direction plein sud !

Stage

Medhi, professeur et élève

« Relâche ta voile. »

« Baisse la tête. »

« Lâche la bordure. »

« Mais c’est quoi la bordure ? »

Autant de mots qui s’enchaînent dans la bouche de Medhi et des enfants. Mais cela ne pose aucun problème, les petits comprennent et s’exécutent. Flegmatiques, ils se manifestent tout de suite s’ils ne comprennent pas l’instruction. Je constate que les navigations précédentes portent leurs fruits. Le quatuor a largement gagné en assurance sur la semaine. Debout dans le bateau et même sur le liston, ces jeunes aventuriers n’ont peur de rien. Ils sont enjoués, mais se déconcentrent rapidement. Alors, Medhi est contraint de revenir au contact, pour qu’ils ne se dissipent pas. Supervisé par Vincent, Medhi est, lui aussi, en plein apprentissage pour devenir coach. Dans ce petit groupe, l’instruction va donc dans les deux sens. Entre deux, « baisse ta dérive », nos petits marins s’invectivent gentiment. Ils ont l’allure de pirates partis à la découverte d’un trésor mystérieux.

Stage
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L'île aux pirates et l'avion

À quelques encablures de Port Haliguen, un écueil sort largement de l’eau et Medhi s’en sert comme point de repère. Voilà nos moussaillons en direction de l’île aux pirates. Tandis qu’Alix et Timéo ralentissent, Axel et Gabin travaillent la fausse panne et cherchent la limite de l’empannage. Tout d’un coup, comme sorti de nulle part, un petit hydravion passe au ras de l’eau à quelques mètres du groupe. Gabin jubile et s’exclame que c’est Porco Rosso, le célèbre avion du film de Miyazaki. Au bout de deux bonnes heures de portant, nous doublons finalement Port Haliguen et l’ASNQ. Devant, la plage de l’aérodrome pointe le bout de son nez.

La deuxième plage sur la gauche et...

Non pas tout droit jusqu’au matin du coup, mais tout droit jusqu’au sandwich. Les cinq Optimist de Mika arrivent peu après nous alors que le vent tombe à mesure que notre point de chute grossit. Aux abords de la plage, il n’y a plus de vent et la marée est basse. En conséquence, beaucoup de roches sont à fleur d’eau et le courant ajoute une difficulté supplémentaire. Tout l’exercice pour Medhi va être de trouver la bonne technique pour que les enfants arrivent sur le sable sans encombre. C’est donc au remorquage que ces derniers vont faire la route finale. Une bonne gymnastique pour nos petits moussaillons qui ne sont pas rodés à cet exercice particulier. Mais ils s’en sortent comme des chefs. Maintenant, c’est au tour de Medhi de montrer comment faire accoster un Zodiac sur une plage.

Stage

Comment beacher un zodiac ?

Dans un premier temps, il faut avancer vers la plage en remontant le moteur petit à petit. Puis, il faut faire un virage et arriver par le travers sur le sable. En principe, rien de très compliqué, en pratique, c’est une autre histoire. Medhi hésite un peu et nous arrivons avec un petit à-coup. Alors que le bateau s’arrête, tout le monde saute et l’ancre est posée loin dans le sable. Quelques minutes plus tard, tous les groupes sont arrivés et les bateaux sont remontés sur la plage. Pendant ce temps, Mélodie et moi, nous nous attelons à la répartition des paniers repas. Pour éviter une bousculade, nous effectuons la distribution quatre par quatre. Il n’en faut pas plus pour passer d’un capharnaüm sonore à un calme olympien. Cette année, c’est un sandwich au thon pour tout le monde, avec compote et gâteau au chocolat en dessert. Un repas de champions avant, une longue, très longue navigation dans la baie de Quiberon.

pique-nique
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Promenade sous les tropiques

Le phare de la Teignouse en ligne de mire

À quatorze heures, il faut repartir, j’embarque avec Luc et Mélodie. Après une première procédure de départ, le groupe ILCA-420 part en direction du phare de la Teignouse. L’île de Houat est en arrière-plan, le passage de la Teignouse et Belle Île sont sur notre droite. Côté météo, c’est un franc soleil qui règne. Et, au large, une petite houle agréable nous accueille avec gentillesse.

Au départ assez dense, la flotte s’étire petit à petit et il faut veiller à ce que tout le monde passe aux bons endroits. Sur notre route, de nombreuses roches et écueils de tailles variables sont à fleur d’eau. Bien que Luc et Eliott partent du principe qu’elles sont visibles, la prévention n’est jamais de trop. Luc n’a de cesse de préciser qu’il faut abattre, mais tous restent au largue, voire au travers, tribord amure. Ces conditions idylliques ont tendance à endormir l’attention et Luc sprint vers le premier 420 qui fonce droit sur un écueil. C’est à quelques encablures du phare que les coachs regroupent la flotte. Une première pour moi, je n’avais jamais été aussi loin dans la baie de Quiberon.

Virage à gauche

Il fait beau et il fait chaud, et le temps défile. Déjà deux heures de navigation, l’ENV est trop loin pour être visible. Alors, finis le largue, il est temps de penser au trajet retour. Les deux coachs se concertent et ils obliquent vers la gauche pour passer au largue serré, bâbord amure. En revanche, la flotte s’étire inexorablement et finit par se scinder en deux groupes distincts. Loin devant, Eliott sert de marque pour donner un point de chute à tous nos marins. Ces derniers arrivent en file indienne, ce qui facilite la transmission des informations pour la poursuite de la séance. Alors que les derniers arrivent, certains en profitent pour boire et remettre de la crème solaire. Il n’est jamais trop tôt pour protéger sa peau.

Jeux de contacts

Une fois n’est pas coutume, nous voilà en procédure de départ. Cette fois, direction une longue, très longue remontée au vent, à l’Argentine et non pas à la Brésilienne, pardonnez mon erreur. On prend les mêmes et on recommence. Voilà qu’ils s’élancent pour une série de virements de bords, de plus en plus nombreux, toujours plus en contact les uns avec les autres. La flotte remonte comme cela un certain temps, jusqu’à ce que le passage entre les zodiacs soit trop étroit. Puis, c’est reparti pour un tour. Cet exercice permet à tout le monde de travailler au contact de chacun. Mais il a aussi l’extrême avantage d’avoir toute la flotte réunie sur une petite zone. Par conséquent, cela rend le travail de surveillance plus facile. Les coachs sont sûrs que personne n’est à la traîne. C’est même l’inverse, car les deux meilleurs 420 se sont échappés et ils sont loin devant. À tel point que c’est sous spi qu’ils reviennent vers nous.

Phare de la Teignouse
au contact

Quand il y en a plus, il y en a encore

Tout cela n’aura pris que trente minutes et Port Haliguen est tout juste à notre gauche. L’après-midi est plus qu’entamée et il reste encore beaucoup de route. Luc et Eliott accordent leurs violons, un dernier départ est lancé sur un bord libre. Cependant, la bouée conique jaune, devant la plage, est la marque à passer avant de rentrer. Le but est de voir quels vont être les choix de chacun. Le vent prend clairement de la droite, mais cela n’empêche pas quatre ILCA de partir à gauche, à la surprise de Luc. Après tout, si eux ont vu quelque chose, peut-être que cela peut faire la différence à la fin. La majorité de la flotte prend donc à droite. Luc choisit de suivre Louison qui, elle, opte plutôt pour le centre. Une option qui était payante jusqu’à ce qu’elle décide de traverser complètement la zone vers la droite. Contre toute attente, le choix de la gauche s’avère une option intéressante. En effet, les concernés arrivent au milieu du groupe de tête parti par la droite. Au passage de la bouée, Luc félicite ses jeunes navigateurs. Il faut dire que les progrès sont très flagrants pour tous et il ne faut pas être avare de compliments quand ceux-ci sont mérités. 

au contact

Arrivée groupée

Fait plus que rare cette semaine, tout le monde arrive en même temps à la plage. Mélodie étant avec moi sur l’eau, Moussa est seul aux commandes, donc Luc nous dépose sur le ponton. Là, c’est un gros déchargement qui nous attend : caisses de bouteilles d’eau et de compotes, bidons et gourdes des enfants. Nos bras sont chargés et il faut être stratégique pour monter l’échelle. Au fur et à mesure de la semaine, la solidarité s’est grandement développée dans le groupe. Par conséquent, beaucoup de bateaux sont déjà remontés quand la cale se dessine sous nos pieds. Cette journée a été particulièrement dense, à dix-neuf heures trente, je prends la direction du réfectoire. Ce soir-là, l’ambiance est plutôt calme.

Il est temps de festoyer !

Comme c’est la dernière nuit avec tout le monde, Mélodie et Moussa organisent une petite boom. Quelques déhanchés au son de musiques dont j’avais oublié l’existence : Tik et Tak, Mousié Tombola… Autant d’artistes qui avaient fait les grandes heures des booms à la fin des années 2000. Entre la chorégraphie de la chanson Waka Waka de Shakira et la danse en ligne du Kuduro, la soirée prend des airs de tour du monde. L’ambiance passe de l’hymne du Mondial de foot en Afrique du Sud à la chaleur des îles. Plusieurs se prennent au jeu, mais le baby-foot continue de faire des adeptes.

Vers vingt-deux heures, Eliott arrive avec une idée de jeu. Il s’agit d’un jeu de ninja. Tout le monde est en cercle. Le but est de toucher les mains des autres participants. Si une main est touchée, elle doit rester dans le dos, si la deuxième l’est aussi, le joueur est éliminé. La première partie se termine avec un duel épique entre Eliott et Lochlainn. Quand la soirée touche à sa fin, avec l’aide des enfants, en un claquement de doigts tout est rangé et ils ont disparu vers leurs chambres. Les coachs ne demandent pas leur reste et suivent le mouvement.

Dansons !

Nous voilà donc au soir du quatrième jour, le raid est passé, la journée de brise également, et même la petite fête a eu lieu. La semaine touche presque à sa fin.

 

Claire C.F.

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