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Le Yacht Club du Pecq, l’art d’unir les régatiers et les clubs

Que se passe-t-il quand trois clubs se réunissent pour organiser un même événement ?

On va vous le dire, suivez nous au Yacht Club du Pecq !

Dimanche 15 juin, c’est la fête des Pères et, à défaut de voir le mien, c’est au Yacht Club du Pecq que je vais passer la journée. Aujourd’hui, je ne découvre pas seulement Le Pecq, mais aussi le Cercle de Voile des Boucles de la Seine et le club des Sports Nautiques de La Frette. Ce rendez-vous dominical s’annonce dense. Trois organisateurs, c’est, à minima, ce qu’il faut pour mettre en place le très long raid qu’est La Descente de la Seine. Le point de départ est au Pecq et la flotte, que dis-je, l’armada, doit rallier La Frette d’ici la fin de l’après-midi. Néanmoins, tout ce trajet ne se fera pas en une seule fois, un arrêt au stand est prévu au CVBS, en aval du Pecq. Les autorités (Le Pecq) indiquent dix kilomètres de parcours. Les syndicats (mon pilote de sécue) plutôt six ou sept kilomètres. Notre seule certitude, c’est qu’avec les trois petits nœuds au signal du premier départ, naviguer va être une épreuve pour les nerfs et la patience de nos marins.

Une première étape au ralenti pour la flotte

Tous nos marins, jeunes et moins jeunes, sont particulièrement attentifs et réfléchis dans leurs choix tactiques. Globalement, tout le monde s’accorde sur le fait de bouger le moins possible dans son bateau. Aujourd’hui, ce sont surtout les facéties du vent qui resteront mémorables et ce ne sont pas les habitués des fleuves et rivières qui diront le contraire. S’accommoder d’un vent qui tourne dans tous les sens ce n’est pas facile et ce raid en est un bon exemple. Sur un même bord, les croiseurs, au vent, sont au près. Tandis que les quillards, juste derrière, sont au portant avec des spis gonflés. Loin derrière, les dériveurs sont scotchés dans les trous d’air, alors que derrière eux, il est possible de voir quelques rafales éparses. La première partie du parcours est une épreuve pour les nerfs. Et le passage de l’île en aval du Pecq est un autre bon exemple.

Yacht club du Pecq
Yacht Club du Pecq

Premier départ, première difficulté et le CVBS dans la ligne de mire

La première étape doit rallier le Cercle de Voile des Boucles de la Seine, à Montesson. Le contournement de l’île en aval est un casse-tête pour tous. Le passage est bordé d’arbres qui étouffent le moindre petit souffle d’air qui tente de traverser le feuillage du printemps. Quelques mètres plus loin, ce sont les murs du pont SNCF qui forment une muraille. Il n’y a pas le moindre courant d’air dans la zone et c’est un peu grâce au courant que la flotte progresse lentement vers son objectif. Les rafales sont instables et tourbillonnantes, chez les habitables et les quillards, équipiers et barreurs naviguent sous le vent. Les voiliers sont gîtés le plus possible pour réduire la surface de coque mouillée. Les effets ne sont pas nets, mais de temps à autre un bateau se dégage du paquet, pour mieux être rattrapé un peu plus tard. Ce n’est pas facile de s’installer confortablement, encore moins pour ce qui est de trouver les meilleurs réglages. Pendant ce temps, les dériveurs font bien ce qu’ils peuvent pour avancer. Néanmoins, à mesure qu’un vent timide circule, la flotte se densifie. Les dériveurs rattrapent les quillards qui rattrapent les croiseurs. Les retournements de situation s’enchaînent et voilà que nos quarante voiliers avancent d’un seul tenant vers le CVBS.

Embouteillage à l'arrivée

Toute la flotte arrive en une fois sur la ligne d’arrivée et le comité de course en a des sueurs froides. La gestion des temps et des numéros de voiles doit être particulièrement corsée. C’est un tel bazar que certains manquent leur passage de ligne et perdent des places. En une poignée de minutes, tout le monde est arrivé et le ponton est pris d’assaut. En revanche, ce dernier n’est pas assez grand, ceux qui ont une ancre plantent sur la berge opposée. Tous sont rodés à l’exercice, chacun mouille parfaitement son bateau, puis les voiles sont affalées et roulées. Enfin, tout le monde débarque avec son repas. Ce temps de pause est bienvenu et défile à toute vitesse. D’un côté, certains refont la course, tandis que de l’autre les spéculations pour la suite du parcours vont bon train : le vent viendra-t-il ou non ? Par petits groupes, tout le monde déguste un déjeuner bien mérité. Tandis que dans le hangar, le CVBS a prévu un petit buffet de bienvenue qui disparaît en un claquement de doigts.

Yacht club du Pecq

Lever l'ancre

À mesure que les uns et les autres retrouvent leur embarcation, je rejoins mon pilote. Un, puis deux, puis trois, les voiliers lèvent l’ancre et s’en vont retrouver un vent qui semble toujours aussi absent. Au loin, l’un des concurrents est en difficulté, l’ancre parait être trop bien accrochée au fond de la Seine. Pour que ce dernier puisse prendre le départ, nous récupérons le mouillage. Quelques minutes plus tard, avec un peu d’huile de coude et de la patience, mon pilote et moi remontons un câble plein de vase. Il nous reste juste ce qu’il faut de temps pour rendre l’ancre et le mouillage à son propriétaire. Autour de nous, la procédure de départ est sur le point de commencer et le vent semble être enfin présent.

Étape deux, finis les Yvelines, bonjour le Val d'Oise !

Présent, quelques secondes plus tôt, le vent disparaît au son de la corne de brume qui annonce le départ, il est presque quinze heures quand les croiseurs franchissent la ligne. Mon pilote se positionne dans leur sillage, autour de nous, le paysage défile doucement. Les ponts et les villes se suivent, à droite, Sartrouville, à gauche, Maisons-Laffitte. La frontière entre les Yvelines et le Val-d’Oise passe en un claquement de doigts, tandis que sous notre bateau, la Seine circule paisiblement. Dans cette zone, le fleuve serpente énormément dans le creux de la vallée et impose aux pratiquants une très grande vigilance. Les coudes sont souvent trop serrés pour que la flotte puisse avoir une bonne visibilité. Alors, pour sécuriser le passage des voiliers, une bouée à virer est positionnée en amont du prochain coude. Cela astreint la flotte à rester proche de la rive qui se trouve à sa droite. Le dispositif ne tarde pas à prouver son efficacité puisqu’une péniche croise notre route.

Yacht club du Pecq

Une Odyssée solitaire

Yacht club du Pecq

Déjà, quelques heures, que la flotte navigue dans le calme et la douceur. Les habitables sont plutôt groupés et distancent petit à petit les quillards et dériveurs. Alors que le groupe de tête arrive sur la bouée à virer, le Neptune Foly a une belle avance sur ses poursuivants. C’est ce moment qu’Eole choisit pour entrer en jeu. Foly est alors le mieux placé pour recevoir cet air frais dans ses voiles. À la faveur d’un louvoyage maîtrisé et précis, l’équipage gagne de plus en plus de terrain sur ses concurrents. Nous les suivons de près et, très vite, le reste de la flotte disparaît de notre champ de vision. En aval, le SN La Frette se dessine petit à petit tandis que le vent se renforce. La suite de la flotte des habitables arrive. Les uns après les autres, ils franchissent la ligne d’arrivée et s’amarrent au ponton. C’est avec l’arrivée des quillards et des dériveurs que la magie va opérer.

Une course qui se termine en apothéose

En milieu de flotte, les arrivées sont serrées, il reste une trentaine de voiliers en course et les régatiers sont prêts à en découdre jusqu’au bout. Tout est encore possible et certains se font griller une place sur le fil à la faveur, ou non, d’un refus ou d’une adonnante. Coups de gîte, équipier au trapèze, skipper au rappel, certains lofent quand d’autres choquent leur grande voile. Les techniques divergent, mais les effets recherchés sont les mêmes : ne pas dessaler aussi proche de l’arrivée. Au fur et à mesure, tout le monde accoste au ponton de La Frette où un goûter et des boissons fraîches attendent les concurrents.

Yacht club du Pecq
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Un classement très attendu

Que serait la recette d’une bonne régate sans une longue attente pour obtenir les résultats ? La navigation en intersérie est de plus en plus répandue. Elle a de nombreux avantages pour les régatiers, mais c’est surtout le Comité de Course qui devient un sportif de haut niveau à l’issue de ces régates. Avec trois catégories de voiliers différentes, établir un classement prend du temps. Alors, pour occuper cette fin d’après-midi, j’arpente le parking du club. Les discussions sont joviales et j’entends ici et là des plaintes quant au vent et son absence. Évidemment, nous voudrions avoir le beurre, l’argent du beurre et… je vous laisse finir. À droite comme à gauche, des amis de longue date évoquent le bonheur de se retrouver chaque week-end. Quand enfin le comité de course fait son apparition, une clameur chaleureuse se fait entendre. Les classements sont lus du dernier au premier nom, personne n’est en reste et les premiers reçoivent coupes et coupons valables auprès de Paris Voile. C’est dans une belle et chaleureuse ambiance que la conclusion de la journée se présente.

Yacht Club du Pecq
Yacht club du Pecq

Étape trois, retour au port d'attache

Mon pilote étant membre de La Frette, c’est avec Philippe et Anaïs que j’embarque, l’équipage qui naviguait sur Foly. Notre retour se fait au remorquage par leurs facétieux comparses du Cercle de Voile de Basse Marne, à Créteil. Nous prenons la route dans le sens inverse, je vis donc l’expérience au complet. Le retour est long, mais très agréable, le soleil brille et une douce brise nous souffle un air rafraîchissant. Nous sommes bien contents de ne pas faire la route à la voile, remonter le courant avec ce petit filet d’air prendrait un temps considérable. Cette promenade au fil de l’eau nous berce et nous en profitons pour discuter de tout et de rien. Je compte les ponts et quand le CVBS pointe le bout de son nez, nous sommes heureux de constater que la moitié du trajet est derrière nous. Une dernière péniche croise notre route et quand l’île, à l’aval du Pecq, se présente devant nous, c’est le soulagement qui l’emporte. Enfin, le club nous fait face, c’est la promesse d’un retour à la maison qui se profile. Il est presque vingt heures quand je pose le pied à terre. Après avoir donné un coup de main, rangé mon gilet de sauvetage et dit au revoir, je prends le chemin du retour.

Un grand merci au Pecq et à son équipe pour le bel accueil, au CVBS et au SN La Frette pour tout.

 

Texte et photos : Claire C.F.

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