Les vacances de la Toussaint au Yacht Club du Pecq
Comment occuper les enfants durant les vacances scolaires ? Le casse-tête est souvent étriqué pour des familles qui n’ont pas toujours de solution de garde. Aujourd’hui, c’est au Yacht Club du Pecq que l’on va suivre une journée de stage avec Xavier et ses trois stagiaires. Offrir aux enfants une activité au grand air est idéal pour rendre les vacances uniques. Première expérience ou approfondissement de connaissances, le stage de voile permet de s’ouvrir à de nouvelles sensations.
Des vacances bien rythmées
Généralement, le stage dure une semaine et le déroulement de la semaine dépend du nombre d’inscrits. Le lundi est une journée d’observation, le moniteur détermine le niveau technique de son groupe et affine ensuite son projet pour la semaine. Cours théoriques et pratique sur l’eau sont les objectifs de la semaine, mais cela peut varier. Évidemment, une semaine, c’est court, donc le but est de naviguer le plus possible. Mais que faire quand la météo en décide autrement ?
Quand une tempête vient jouer les trouble-fête pendant les vacances
Voici une semaine que les vacances de la Toussaint ont commencé et la deuxième semaine de stage va être sportive au Yacht Club du Pecq. Xavier, le moniteur, compose avec une équipe restreinte. En effet, ils ne sont que trois inscrits. Mère Nature prévoit du vent presque tous les jours et une tempête est même annoncée. Du lundi au mercredi, le vent monte petit à petit, mais reste gérable pour cette équipe aux niveaux variés. Dans la nuit de mercredi à jeudi, la tempête Benjamin traverse la région parisienne en laissant un ciel dense et très venté. Trop fort, Éole impose sa puissance et contraint notre équipe à terre. Rodé par l’expérience, Xavier sait faire rebondir sa semaine et le déroulé de sa journée est aussi dense à suivre pour les enfants que pour moi.
Que faire quand on ne peut pas naviguer ?
Presque comme à l'école
Les travaux manuels ne sont pas sans noblesse, disait-on autour d’une table dans un film bien connu, les cours théoriques non plus. Ce jeudi matin, il souffle une brise hivernale, tandis que Xavier fait la démonstration de quelques nœuds marins. Bien au chaud, les enfants découvrent les indémodables nœuds de chaise et nœuds de cabestan. Mais ce n’est qu’un échauffement, une fois les nœuds maîtrisés, Xavier passe au tableau. Quelques points pour les bouées, un trait pour le quai et une flèche pour le vent, basique et efficace.
Les enfants dessinent la trajectoire de leur bateau, en laissant les bouées à tribord. Les tracés sont hésitants et les quelques erreurs sont rattrapées avec les encouragements de Xavier. Cet exercice permet de réviser les réglages de voiles et le placement sur un parcours. Puis, les enfants dessinent le réglage de voile. Je constate que près, travers et portant sont déjà bien acquis.
Les vacances au club de voile : une question de rythme
La matinée défile et Xavier poursuit avec les règles fondamentales : tribord-bâbord et au vent – sous le vent. Connaître les priorités est important pour naviguer en sécurité et en bonne entente avec les autres pratiquants. Xavier met en place un exercice de représentation mentale qui permet aux enfants de se repérer sur un plan d’eau. Cet exercice permet de leur d’apprendre à se positionner par rapport à un autre voilier. Xavier insiste sur l’importance d’éviter la collision (RCV 2025 – 2028). Visualiser son voilier sur une zone, c’est aussi savoir comment régler ses voiles pour aller d’un point A à un point B, selon la façon dont le voilier reçoit le vent. Xavier conclut avec quelques mises en situation avant de faire une pause bien méritée.
Mettre aussi le nez dehors
Au programme de la suite : vider l’eau à l’arrière des tauds sur le parking et couvrir les bateaux qui ne le sont pas. Cet air frais est salvateur pour tout le monde. Évidemment le vent souffle alors il faut élever la voix pour se faire entendre. Le parking à bateaux du club est bien fourni, entre les habitables dans le fond et les dériveurs de toutes les tailles devant le hangar, il y en a pour tous les goûts. C’est dans ces moments que le cours de matelotage fait sens. Savoir lover une drisse ou une écoute, c’est l’assurance de savoir ranger un bateau correctement pour qu’il soit prêt pour la prochaine navigation. De toute évidence, cet enseignement va être très utile. En effet, une grande partie des tauds se sont détendus et il faut les reprendre pour qu’ils ne s’abîment pas.
Une deuxième partie de journée entre échange, cours théorique et entretien
Un temps d'échange précieux
La pause déjeuner me permet d’échanger quelques mots avec Yannick. Le plus expérimenté du groupe réside outre Manche et vient en France durant les vacances scolaires. Il navigue depuis quatre ans à La Baule l’été. Plus habitué à l’Optimist en mer, il découvre l’Équipe, la navigation en double et les différences avec un fleuve comme la Seine. Très lucide, il déclare : « Quand on est sur un fleuve, on n’a pas la même place. C’est un très bon endroit pour essayer et pour commencer. » Alors je lui demande s’il préfère naviguer seul ou à deux. Sa réponse me surprend par sa maturité : « Parfois quand y a quelqu’un d’autre, tu peux parler. Tu te sens un peu plus à l’aise. Si y a quelque chose qui arrive, y a deux personnes qui peuvent trouver une solution. » Yannick conclura en disant qu’il a une préférence pour le solitaire.
De la théorie du louvoyage aux cartes marines
Xavier poursuit avec un cours sur l’art du louvoyage. Il explique aux enfants comment un voilier fait pour remonter au vent et atteindre un objectif fixé à l’avance : bouée ou quai. Savoir rentrer à terre par ses propres moyens est un gage de sécurité pour tous les pratiquants. Ainsi, Xavier enchaîne sur la gestion de la surpuissance. Choquer les voiles pour remettre le voilier à plat sans l’arrêter, pour maîtriser l’équilibre et la puissance.
Avant de sortir pour terminer le travail d’entretien, Xavier sort un petit trésor d’un placard. Également moniteur de croisière, il possède des cartes marines des côtes françaises et méditerranéennes. Profondeur, altitude, estran, sémaphore, chenal ou encore cardinales, les enfants découvrent un florilège de nouveaux termes. Les questions fusent lorsque Xavier évoque les distances auxquelles vont les faisceaux des phares sot visibles. Mais aussi comment ces dernières sont calculées. Les cours est passionnant.
Mise en application
Le lendemain, le vent a baissé, nous allons naviguer. Xavier opte pour un RS Feva. Ce voilier double est lourd et stable, chacun y a son poste : un barreur, un équipier à la grande voile et un au foc. La navigation promet de belles sensations et ces dernières ne se font pas attendre. L’embarcation gîte rapidement et Yannick, à la barre, garde le cap tandis que la voile est choquée, remettant le bateau à plat. Xavier encourage et dispense ses conseils, mais nos moussaillons se fatiguent, leur équipage ne marche pas très bien. Quand Xavier approche, sur le bateau, c’est la soupe à la grimace et tout le monde décide de rentrer. Xavier n’insiste pas, il est content des progrès effectués sur la semaine. Les enfants ont réussi à remonter au vent et à faire des manœuvres propres. Même dans ces conditions musclées, les enfants sont parfaitement autonomes, car ils rentrent seuls au ponton.
Moralité, un, ou plusieurs, cours théoriques n’ont jamais fait de mal à personne, ils sont même très importants. De temps à autre, se retrouver autour d’un tableau et d’un tableau blanc pour dessiner des situations et problématiques aide à prendre de meilleures décisions une fois sur l’eau. Comme ici : le cours sur la surpuissance a permis aux enfants de savoir réagir avec sérénité et efficacité quand leur voilier est devenu trop puissant.
Claire C.F.

Merci beaucoup, Claire, pour ce reportage très sympathique sur les facettes des stages un peu moins souvent évoquées. Les conditions météo bousculent parfois le cours du moniteur. Xavier, moniteur au YCP est le champion de l’adaptation et il a mille recettes dans son sac marin.
Bonjour Guillaume, merci pour ce commentaire. La journée a été passionnante à suivre.
Claire