Jour 6_Samedi 26 avril
Clap de fin
Le réveil sonne franchement un peu trop fort à mon goût ce matin. Les sacs sont prêts à être fermés, il ne reste qu’à retirer les draps. Sur le lit, la couette, la couverture et l’oreiller forment une pile bancale. Sous mes pieds, le sable accumulé de la semaine craque tandis que je ferme la porte derrière moi, il ne reste plus que mes sacs.
Dehors, quelques oiseaux chantent, on entend un peu de vent dans les arbres et le roulis des vagues qui viennent mourir sur la plage. Ce matin, il pleut pour de vrai, ce n’est pas la petite brume bretonne classique. Donc, pour la première fois, cette semaine, ma capuche jaune fluo couvre ma tête. Les enfants arrivent bien doucement et le calme règne dans le réfectoire. Mélodie recompte tout le monde trois fois, ce n’est pas facile de se faire à l’idée qu’ils sont à peine une dizaine avec nous. Les visages ne sont pas réveillés et on sent une certaine lassitude dans le groupe. Certains poussent leurs plateaux pour faire de la place aux extrémités de la table, il y a presque plus de plateaux que cette dernière peut vraiment en compter. Il n’est pas dur de penser qu’ils souhaitent profiter le plus longtemps possible de l’effet de groupe.
Le petit-déjeuner est assez morose et ce sont Ulysse et Raphaël qui amorcent le retour aux chambres. De mon côté, il n’y a plus grand-chose à faire, alors je prends mes sacs et libère la chambre tôt. Dehors, je retrouve Mélodie et lui rends ma clé. En début et fin de stage, elle est un peu notre « Passe-Partout » à nous, elle est la gardienne de ces artefacts précieux. Évidemment, cela n’empêchera pas l’un de nos jeunes de partir avec la clé de sa chambre.
Dire: "Au revoir"
Il est neuf heures passées et les premiers parents arrivent. La pluie ne s’est pas arrêtée, en revanche, elle ne s’est pas intensifiée et devant le hangar, ce sont les parents d’Ulysse que je rencontre. Ils ramènent trois ILCA, ainsi que Raphaël, vers la région parisienne. Il reste les sangles à poser et l’équipement à charger. En quelques minutes, la remorque est prête, nous discutons un peu et les voilà partis. Puis ce sont les parents de Timeo et Axel qui arrivent à leur tour. Ils ramènent les deux dernières remorques à Choisy-le-Roi dans le Val-de-Marne. On vérifie les sangles, rajoute une fixation ou deux et les enfants embarquent. Le convoi ne s’éternise pas et prend la route à son tour. Il ne nous reste plus que Matthieu, dont les parents arrivent un peu avant onze heures.
En une heure, montre en main, il n’y a plus personne sur la base. Mélodie et moi faisons la fermeture, la vérification des vestiaires et la restitution des clés. Autant de petits détails qui ont leur importance et que je vois comme le processus de clôture d’une semaine dense et fantastique.
L’ambiance est particulière sur la base, le calme est retombé comme on ferme un robinet. La source d’énergie s’en est allée et la fatigue nous frappe de plein fouet. Tout d’un coup, je sens mes épaules à la fois plus légères, mais aussi bien lourdes après la semaine écoulée. Nous nous quittons avec de grands sourires, tout en se promettant de se revoir avant l’année prochaine.
À l'année prochaine!
Nous y sommes, c’était la conclusion de cette édition. Le chapitre 2025 du Stage de Printemps de la Ligue Île-de-France de Voile est écrit. Le livre se referme sur une semaine incroyablement belle, autant par la météo que par le groupe que nous avions avec nous. Alors, c’est sur ces paroles que je vous souhaite une bonne continuation. À l’année prochaine, pour une nouvelle édition, toujours plus belle.
Bon vent à tous !
Claire C.F.
Photos : Audrey Capdevielle-Fidel
