Jour 2_Mardi 22 Avril
Quelqu'un a vu le vent ?
Comme prévu, ce matin, l’absence de vent est flagrante quand nos jeunes marins se réveillent. Pas un souffle d’air n’agite les arbres durant le réveil musculaire. La matinée se déroule entre course à pied, salle de sport et session de débriefing de la veille. Vers onze heures, c’est le hangar qui s’anime avec une vérification du matériel et des réglages. Chez les 420, une transmission de savoir s’opère : Baptiste, le plus expérimenté du groupe, prend le temps d’échanger avec les autres. L’ambiance est studieuse. À 13 heures 30 pétantes, tout le monde est sur la plage, en tenue. Puis, après un rapide briefing, la mise à l’eau suit au petit trot.
Sur un air d'été
Le soleil brille haut dans le ciel alors que la flotte francilienne est prête. Aujourd’hui, c’est avec Eliott que j’embarque pour suivre la progression des 420. Nous prenons place à bord du zodiac bleu de Vincent, notre taxi boat du jour au départ de la digue. Alors que nous embarquons sur notre bateau, une sardine a eu un destin tragique dans le fond. La pauvre est coupée en deux. À l’aide d’une pagaie, Eliott éjecte ce qu’il en reste par-dessus bord. Sur l’eau, le fond de l’air est frais, la baie de Quiberon est absolument sublime dans cette ambiance estivale.
Une fois n’est pas coutume, la conduite, au près et au portant est au programme. Sans oublier de faire attention aux réglages de voile, hale-bas, cunningham notamment. D’ailleurs, n’oublions pas le tangon, qu’il faut régler en verticale et en longitudinale. Puis départ au lièvre avec le Zodiac comme marque au vent mouvante. L’exercice est simple, remonter au vent pour venir enrouler une bouée qui ne cesse de monter. La flottille, au début groupé, se sépare doucement du troisième bateau. De fait, Eliott ralentit et laisse les premiers passer et les envoie enrouler le troisième 420, pour revenir ensuite. Ceci jusqu’à ce que les trois équipages soient à nouveau groupés. L’idée est de ne pas laisser les camarades tout seuls derrière, travailler la navigation, la solidarité et son sens marin qui sont des valeurs chères à l’esprit de ce sport.
Quand Éole entre en jeu
Depuis le départ, il y a deux heures, le vent a un peu gagné en puissance. Les équipiers vivent les bords de près au petit trapèze et l’un de nos équipages a repris de la quête. À priori, d’ici à une heure, les 420 retrouverons le groupe des ILCA de Luc pour les courses de fin de séance. Dans la baie, aujourd’hui, il n’y a plus grand monde. Le Spi Ouest France est fini, seul un groupe de planchistes de Bourgogne est aussi présent. Sur le plan d’eau, un Moth à foil trace une route invisible sous le nez de la flotte. À peine le temps de cligner des yeux que le bateau est déjà loin. De but en blanc, un bruit de moteur se fait entendre. Un chasseur de l’armée de l’air traverse l’espace sonore.
L’après-midi se passe parfaitement bien et la flottille redescend sous spi, avec des empannages au son du sifflet. Les premiers gagnent en rapidité d’exécution. Et les derniers exécutent une figure libre impromptue avec leur spi. Néanmoins, l’équipage commence à gagner en aisance, car ce dernier retrouve vite sa position académique. Sur le bateau, les réflexes font leur chemin petit à petit et l’exercice se poursuit au près. Départ au lièvre et virement de bord, toujours au son du sifflet. De ce côté, la technique s’améliore aussi et le deuxième bateau est dans le sillage du premier.
Derniers départs
Vers seize heures, Luc, à la VHF, précise sa position au vent, prêt pour les courses quotidiennes. L’exercice se termine donc aux abords du groupe des ILCA. Arrivés sur zone, Luc explique le programme : près, largue, largue serré, près et vent arrière. Le parcours est grand, alors que les trois heures de navigation commencent à se faire sentir.
Le premier départ est lancé très rapidement et nous constatons de beaux progrès. La ligne est plus dense et tous sont beaucoup plus proches de cette dernière au top final. Dans cet esprit, les premières batailles ne se font pas attendre et même les derniers ne sont pas si loin que ça du groupe de tête. Pour le deuxième départ, Luc et Eliott ajoutent une difficulté supplémentaire. Une remontée au vent à la « Brésilienne », avec les deux bateaux moteurs de part et d’autre de la zone de navigation. L’idée est de créer un couloir duquel les navigateurs ne doivent pas sortir. Cet exercice les pousse donc à anticiper les trajectoires des uns et des autres. Cela les pousse également à forcer le contact. Au fur et à mesure, l’espace entre les deux zodiacs se resserre. Les premiers sont obligés d’enrouler les bateaux moteurs pour revenir en arrière de la flotte. Et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il ne reste plus assez de place. Le bord de près reprend alors son rythme normal.
Quelques réglages plus tard
À la bouée jaune, en haut du parcours, Mika est à la même étape dans sa séance. Les Optimist finissent la course et rentrent à terre. De notre côté, il reste encore une descente et une remontée avant de rejoindre la plage. Voyant que la flotte est encore bien loin, Eliott me dépose à terre. Je retrouve donc la terre ferme et donne un coup de main pour remonter les bateaux. Deux Optimist et trois ILCA plus tard, je rêve déjà d’avoir un tapis roulant pour nous aider à remonter les bateaux. Les enfants n’en mènent pas larges non plus, certains donnant plus de coups de mains qu’ils n’en reçoivent. Finalement, tout le monde se retrouve en haut de la plage et je décide de prendre une douche et de rejoindre le réfectoire pour le dîner.
Fin de journée
La fatigue de certains n’atteint pas l’énergie des autres. Ils sont encore un petit nombre à courir derrière le ballon. Alors que les matchs s’enchaînent au baby-foot, je me rapproche d’Alix et Moussa, affairés en pleine partie de Président. Décidément doué, Alix envoie Moussa au tapis partie après partie, tandis que je sirote un doux thé bien chaud. Ma curiosité est piquée quand je vois Mika suivre les enfants vers le terrain de pétanque. La partie est studieuse, Mika veille au grain et je me laisse prendre au jeu. Après deux petites parties, il est temps pour moi de retrouver mon ordinateur et mon lit.
À demain pour le troisième jour des aventures de nos Franciliens en Baie de Quiberon.
Texte et photos Claire C.F.
